Tisser des liens sensibles avec le monde végétal

Je me souviens, il y a quelques années, d’un formateur botaniste de renom, , qui m’avait transmis en quelques mots son « truc » pédagogique pour aborder cette  discipline souvent jugée particulièrement rébarbative : « si tu veux les intéresser à la botanique, racontes leur des histoires ! ». C’est que je faisais depuis des années avec des petites anecdotes sur l’histoire de la plante et de ses usages, l’origine de son nom, mais sans oser encore aller jusqu’à raconter des contes …

J’ai participé de septembre 2010 à juillet 2013 à une formation longue du Centre Méditerranéen de Littérature Orale, organisée par l’anthropologue Marc Aubaret sur le littérature orale.

Ces trois années ont été riches de rencontres avec des conteurs de tous horizons et de réflexion sur ma pratique à cheval entre plantes et contes.

Pour clore l’aventure, je suis actuellement en cours de rédaction d’un mémoire « conter fleurette, un compagnonnage avec le végétal ».

Je tente d’y analyser, pratique à l’appui, comment la littérature orale s’est invitée dans la malle à outils de l’animateur nature, comme un levier puissant pour développer un lien sensible avec la nature :

Conter fleurette

Savez-vous pourquoi les tiges de l’églantier sont toujours courbées ?
Pourquoi le frêne met ses feuilles le dernier et les perd toutes en même temps ? Pourquoi la ronce pousse par les deux bouts ? Jusqu’où peut mener l’envie de manger la délicieuse et croquante racine de Repounchou ?…

Les plantes communes rencontrées au bord du sentier  bruissent d’histoires vieilles comme le monde, à savourer au gré des rencontres végétales le long d’une randonnée contée.

Durée : une demi-journée (entre deux et quatre heures selon la longueur de la randonnée). Le trajet de la randonnée doit être repéré au préalable avec les organisateurs.

Racontages

« Assurément, l’herbe maîtrisée par l’action humaine est un aliment de base. Elle réunit aussi histoires et croyances, car c’est pour l’espèce humaine une associée »

Leroy Gourhan

Sur mon chemin professionnel d’animatrice et formatrice dans le domaine de la nature et de l’environnement, j’ai rencontré le conte. Il est pour moi un moyen privilégié pour se frayer un passage au creux des sentiers un peu embroussaillés de l’amitié avec le monde sauvage qui nous entoure.

Je fais partie d’une compagnie de conteurs, « Paroles de Sources » qui colporte, en Lozère et ailleurs des histoires, racontées au détour d’un sentier, ou sous les lumières d’une salle de spectacle.

Bien sûr, je me régale à « conter fleurette », explorant les relations que l’Homme (et sans doute surtout la femme d’ailleurs !) entretient avec le monde végétal, mais je participe également à des spectacles sur d’autres thèmes (transhumance, transmission féminine, évolution de la vie…) que vous pouvez découvrir ici :

Journées « Cuisine vagabonde »

Nous avons tous déjà gouté un plat de plantes sauvages, comme la soupe à l’ortie ou la salade de pissenlit. La nature regorge d’autres végétaux comestibles moins connus et tout aussi savoureux. Les journées « Cuisine vagabonde » permettent de les redécouvrir, pour notre plus grand plaisir à tous.

Durant ces journée, nous apprenons à les reconnaître, les récolter, les cuisiner… et les déguster ! Chacun sera invité à partager ses propres connaissances et recettes.

Il y a deux saisons particulièrement propice pour se nourrir dans la nature : le printemps, qui fait la part belle à la verdure de toute sorte, et l’automne, moment privilégié des baies, des champignons…

Planning indicatif d’une journée (à adapter en fonction du projet, bien sûr) :

  • Rendez-vous à 10 heures. La matinée est consacrée à une balade – observations et récolte de plantes, sur un itinéraire très court (1 à 2 km), la récolte de plantes obligeant à passer beaucoup de temps le nez dans l’herbe !
  • A midi : Pique-nique partagé tiré du sac.
  • A partir du milieu d’après-midi :  préparation d’un « apéro-plantes », apéritif dinatoire confectionné avec nos récoltes
  • En fin de journée : à table !

Ces journées sont animée par Sophie Lemonnier, ethnobotaniste et conteuse.
Le prix est de 350 euros (incluant une journée de reconnaissance du terrain et la confection d’un livret pour garder la mémoire des plantes rencontrées et des recettes testées), auxquels il faut ajouter les frais liés aux ingrédients pour l’apéro-plantes.

Attention : en cas de localisation éloignée de Saint Laurent de Trèves (48), des contraintes supplémentaires pourront entraîner un surcoût, nous contacter.

Usages

Dans la crise écologique que nous connaissons aujourd’hui, s’il est essentiel d’apprendre à connaitre et à respecter les espèces rares et remarquables, il est tout aussi nécessaire de retrouver des liens sensibles avec une nature plus ordinaire, celle qui est à notre porte et que nous ne savons plus lire.

C’est ce qui est proposé dans ces formes de rencontre avec le végétal sauvage, ressource abondante et renouvelable qui pousse sous nos pas …

Cuisine vagabonde : redécouvrir et marier les saveurs sauvages pour préparer un « apéroplantes » ou d’un repas de fête champêtre

Ces plantes qui font du bien : reconnaître quelques plantes « toutes bonnes », bases de la pharmacie familiale, apprendre à les récolter et à les valoriser en sirop, baumes et teintures quelques plantes

De toutes les couleurs : capter d’étonnantes couleurs végétales pour teindre la laine ou faire une encre colorée

Laver son linge sale (en famille) avec des végétaux : un atelier qui mousse avec saponaire, marron d’inde, feuilles de lierre et cendre végétale.