“Dans la crise écologique que nous connaissons aujourd’hui, s’il est essentiel d’apprendre à connaître et à respecter les espèces rares et remarquables, il est tout aussi nécessaire de retrouver des liens sensibles avec une nature plus ordinaire, celle qui est à notre porte et que nous ne savons plus lire.
C’est ce qui est proposé dans ces formes de rencontre avec le végétal sauvage, ressource abondante et renouvelable qui pousse sous nos pas …”
Au programme :
Balades ethnobotaniques
Observations et détermination des plantes Connaissance de leurs usages populaires, cueillettes
Ces plantes qui font du bien
Reconnaître quelques plantes de base de la pharmacie familiale Confection d’une préparation médicinale (macérat, baume)
Cuisine vagabonde
Marier les saveurs sauvages pour préparer un apéro dînatoire
En pratique…
Le stage se déroulera les vendredi 17 et samedi 18 juin 2022, au Gîte «Lou Calat» de Mandailles (en Aubrac). Il sera encadré par Sophie Lemonnier. Petit groupe de 12 personnes maxi Participation : 100€ par personne pour les 2 jours Apéro dînatoire du vendredi + déjeuner du samedi compris Pique-nique partagé tiré du sac le vendredi midi Horaires : De 09h30 le vendredi à 17h le samedi Hébergement possible au gîte : 20€ la nuit Inscription avant le 30 mai (arrhes : 25€) : Christèle Hérault au 06-25-51-15-42 ou christeleherault@laposte.net
« Assurément, l’herbe maîtrisée par l’action humaine est un aliment de base. Elle réunit aussi histoires et croyances, car c’est pour l’espèce humaine une associée »
Leroy Gourhan
Sur mon chemin professionnel d’animatrice et formatrice dans le domaine de la nature et de l’environnement, j’ai rencontré le conte. Il est pour moi un moyen privilégié pour se frayer un passage au creux des sentiers un peu embroussaillés de l’amitié avec le monde sauvage qui nous entoure.
Je fais partie d’une compagnie de conteurs, « Paroles de Sources » qui colporte, en Lozère et ailleurs des histoires, racontées au détour d’un sentier, ou sous les lumières d’une salle de spectacle.
Bien sûr, je me régale à « conter fleurette », explorant les relations que l’Homme (et sans doute surtout la femme d’ailleurs !) entretient avec le monde végétal, mais je participe également à des spectacles sur d’autres thèmes (transhumance, transmission féminine, évolution de la vie…) que vous pouvez découvrir ici :
Nous avons tous déjà gouté un plat de plantes sauvages, comme la soupe à l’ortie ou la salade de pissenlit. Mais savez-vous que la nature regorge d’une multitude d’autres végétaux comestibles moins connus et tout aussi savoureux ? La balade « Cuisine vagabonde » permet de les redécouvrir en action, l’occasion d’apprendre à les reconnaître, les récolter, les cuisiner… et les déguster !
Déroulement de la journée
La balade
Une boucle de 2 à 4 km traversant des milieux et paysages différents est parcourue depuis le matin jusqu’en début d’après-midi (pique-nique en chemin).
Au fil de la balade, nous ferons la rencontre de nombreuses plantes sauvages comestibles, tous les sens en éveil (on sent, touche, goûte et regarde de tout près grâce à des petites loupes de botanistes).
Le nez dans l’herbe !
lecture à voix haute en chemin …
En chemin on échange sur ses divers usages, je raconte quelques petits contes étiologiques et propose de courtes citations littéraires lues par des participants (l’occasion d’entendre les mots de Victor Hugo, Balzac ou d’autres auteurs moins connus ou plus contemporains sur le monde végétal).
Et comme on ne se nourrit pas que de culture, on n’oublie pas en chemin de faire nos « courses buissonnières » qui seront les ingrédients de notre apéroplantes !
La préparation de l’apéroplantes
De retour en salle on fait une petite exposition de chaque espèce rencontrée pour se remémorer la façon de les reconnaitre, leurs noms scientifiques, communs, en occitan … Puis plusieurs groupes se forment pour mettre en oeuvre chacune des recettes.
Le tri de la récolte, l’occasion de se remémorer les noms des plantes
L’apéroplantes
Enfin, vient le moment de la dégustation, d’autant plus apprécié que chacun des plats dégustés porte en lui tout le vécu de la journée, avec ses différentes approches ainsi que tous les partages avec les participants.
Garder la mémoire du vécu de la journée
Chaque participant repart avec son petit livret de cueillettes, dans lequel il a pu prendre des notes au cours de la balade, et où il retrouvera les recettes de l’atelier.
Aspects matériels et financiers
Période : Il y a deux saisons particulièrement propices pour se nourrir dans la nature : le printemps, qui fait la part belle aux verdures de toutes sortes, et l’automne, moment privilégié des baies, des champignons…
Durée : environ 8 h Jauge de 20 personnes Mise à disposition d’une salle équipée pour préparation et dégustation de l’apéroplantes
Le prix est de 400 euros (incluant une journée de reconnaissance du terrain et la confection d’un livret pour garder la mémoire des plantes rencontrées et des recettes testées), auxquels il faut ajouter les frais de déplacements (0,55ct/km depuis Saint Laurent de Trèves) ainsi que l’achat des ingrédients pour les recettes de l’apéro-plantes (environ 7 euros par participant).
De tous temps, en Cévennes comme ailleurs, l’Homme pour répondre à ses besoins s’est tourné vers le monde végétal qui l’entourait, que ce soit pour l’alimentation, l’entretien de la santé ou d’autres usages comme la confection de vêtements, d’outils, de parfums…
Cette nécessité du quotidien a conduit à tisser des relations intimes avec ce qu’on appelle aujourd’hui la biodiversité, alors même que sa conservation est devenue l’objet de préoccupations aigües. Dans la crise écologique que nous connaissons aujourd’hui, s’il est essentiel d’apprendre à connaitre les espèces rares et remarquables, il est tout aussi nécessaire de retrouver ces liens sensibles avec une nature plus ordinaire. C’est ce qui est proposé dans la rencontre avec les végétaux sauvages, ceux qui vivent tout près de l’homme et dont on a oublié la valeur en tant que ressource abondante et renouvelable.
C’est dans le cadre de mon travail de formatrice dans l’enseignement agricole que je me suis intéressée aux plantes sauvages compagnes des champs de céréales, les messicoles, une flore remarquable encore bien présente sur nos causses lozériens.
Voici un extrait d’un article que j’ai écrit il y a quelques années pour présenter cette thématique méconnue des plantes messicoles aux lecteurs de la revue « l’Encre Verte » :
« A l’image des animaux que l’on qualifiait de « nuisibles » dans des temps révolus, il est des herbes que l’on dit « mauvaises » parce qu’elles poussent au coeur des cultures où le sauvage n’a pas droit de cité. Certaines d’entre elles, les messicoles, se sont fait une spécialité du champ cultivé de céréales, c’est le cas du bleuet, du coquelicot ou de la nielle des blés. Oubliées des listes de protection officielles, elles ont été longtemps négligées par les naturalistes, qui préféraient s’intéresser aux espaces moins « artificialisés ». Il faut dire que ces plantes sont pour la plupart des « étrangères » : passagères clandestines de l’agriculture, leurs graines se sont mêlées aux grains de céréales ; elles nous viennent ainsi du croissant fertile (Moyen-Orient) ou des espaces peu à peu gagnés par la révolution néolithique. Aujourd’hui leur statut est ambigu : elles trainent derrière elles un parfum d’indésirables, bannies par l’idéologie du « champ propre », et elles font dans le même temps partie intégrante de notre patrimoine culturel, évoquant souvenirs champêtres colorés et tableaux impressionnistes. Signe des temps, la gracile silhouette du coquelicot est aujourd’hui convoquée de façon récurrente dans les images voulant évoquer la biodiversité. Aujourd’hui le constat est fait de la menace de disparition qui pèse sur certaines de ces compagnes des moissons : si le coquelicot commun et le bleuet se portent encore bien, d’autres comme la nielle des blés, l’adonis ou l’aspérule des champs sont devenues rares.»
Un atelier pour prendre le temps d’observer les plantes avec une loupe de terrain ou une loupe binoculaire (émerveillement garanti en entrant dans cette autre dimension), apprendre à repérer les grandes familles végétales pour s’y retrouver dans la jungle végétale, puis à reconnaître les espèces avec une flore.